HOMMAGE A Claude VIENNEY

Membre du C.A. de l’UNFR-CEI-PR

 

Je fis deux tristes et tragiques voyages à Argenteuil, venu de loin pour ne plus voir personne. Le premier me fit rencontrer Claude, accueilli chez elle chaleureusement à son inimitable manière, d’une douce et caressante brusquerie, raucité trompeuse d’une voix de rocaille qui interpellait d’amour rieur. Ensemble encore, nous allions visiter notre ami Pierre Roturier qui, nous l’apprîmes devant sa porte demeurée close venait de trépasser. Et nous deux ensemble de pleurer alors. Que la mort est laide ! passage instantané des preuves visibles et audibles d’une existence aux traces et souvenirs surgis d’un néant endolori.

Le deuxième aujourd’hui au vide absolu me confronte et n’ai plus de recours comme vous qui m’entendez, qu’inconsolable mémoire : Claude n’est plus.

Avec Pierre elle avait construit cet admirable et complexe dispositif amical et coopératif « Volga – Val d’Oise » auquel sans limites elle donna ses énergie, enthousiasme et conviction, avec, puisqu’elle m’en entretenait régulièrement, des accents qui empruntaient plus, à les laisser retentir au plus profond, aux vertus juvéniles de l’engagement. S’il est des acteurs et responsables de Volga -Val d’Oise ne laissez pas s’étioler et disparaître l’œuvre accomplie, faîtes-la prospérer, ce serait la continuer, elle, Claude qui trouvait encore sens innovant à la vie en regardant et pensant l’avenir. Et ce faisant, dessinait un projet où complètement femme et citoyenne, il lui commandait d’agir solidairement, assidûment en toutes choses, heureuse, elle, du dévouement assumé, souligné par cet éclat de voix qui jetait loin ce « je suis encore là », plus clameur joyeuse  de co-existence qu’affirmation péremptoire de soi.

J’entendais toutefois ses doléances quand d’Argenteuil, véritable expédition, marquée par les douleurs supportées, elle nous rejoignait à l’autre bout de Paris pour participer ardemment, tout animée de l’amour de la Russie et de ses amis russes qu’elle avait à foison.

Russie si souvent injustement vilipendée, discriminée, sanctionnée, Russie de Claude, partie de son tourment indigné et vous ses amis russes qui des bords de cette Volga immense barrière dernière aux avancées barbares, tournez encore vos cœurs et regards vers l’Ile de France. Cultivons ce qui veut dire agissons, réalisons, telle était son injonction, ce qui donne corps et souffle à l’amitié, condition et résultat de cette paix, combat et espérance, les siens primordiaux, d’un monde humanisé. Oui nous sommes faits pour la liberté, oui nous sommes faits pour le bonheur.

Je sais ma parole de vous seuls réunis ici entendue. Mais à la fin  rusons un peu et décidons d’un murmure à  peine articulé, comme de ce que je vois alentour inspiré, un chant d’éternité

Victoire à l’Est où l’ombre est prise

Au piège blanc de la clarté

O matin de la liberté

La rouge aurore y terrorise

Un vainqueur désorienté

Une musique calme  pour toi Claude avec des fleurs couleur de l’avenir

« Que  sont devenus mes amis de Togliatti ? » questionnait-elle depuis l’hôpital… je suis revenu vers vous… Ainsi est-elle définitivement.

 

Marc DRUESNE

 

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