L’essentiel sera dit et bien dit, excellemment dit par les amis qui me succéderont tous ensemble associés ici et au loin, eux qui sont au cœur et acteurs de ce projet universel. Je me garderai bien, quant à moi, d’aller trop dans le détail qui leur appartiendra, plus experts et que je viens de désigner. Ce qui nous est montré là, quand l’horizon lacustre a tant d’apaisement invite, participe aux deux ordres accordés de la beauté et de l’idée. Oui, nous contemplerons, regardants séduits peut être mais aussi méditerons, instruits, à la réflexion, sur ce que fut notre histoire, celle de nos sociétés et civilisations, éclairée ici par ces productions de l’art et de la foi mais éclairante pour notre temps présent et nous mêmes, co-habitants semblables de cette terre.

Permettez que je précise mon discours en tant que Président d’une association nationale qui a vocation à cultiver l’amitié avec la Russie, mais ni sourde, ni servile, ni aveugle devant les aléas conjoncturels et tout aussi vigilante et critique , quand il le faut, des représentations dominantes.

Tant de préjugés ont cours, dépréciatifs, discriminatoires de la Russie, tant de procès et de procédures punitives l’affectent, qu’en cet endroit et ces partenariats étant noués, je ne peux que me réjouir. La grande voisine que nous fréquentons depuis un quart de siècle, déjà prodigue de ses richesses baïkaliennes, ici, présentée en sa tradition iconophile quelle surprise -oserais-je l’appeler divine- et combien profitable ! La conversion de Vladimir et le choix du rite oriental où le critère esthétique je le dis spécialement aujourd’hui fut déterminant, furent historiquement parmi les motifs souvent invoqués pour tenir la Russie à l’écart, ou la désigner pour ennemie. Fallait-il encore y ajouter le testament falsifié de Pierre le Grand à qui l’on fit endosser le projet de conquérir l’Europe Occidentale ? Ce dont Napoléon ne manqua pas de s’emparer , entre autres motifs, pour justifier sa terrible campagne de 1812.

Merci Monsieur le Maire vous avez servi la paix et l’amitié. Vous avez activé, fait fonctionner un modèle de démocratie où souveraineté élective et responsabilités associatives conjuguèrent savoirs et moyens pour le bien commun.

Je ne doute pas qu’une pareille démarche puisse participer du projet de Géoparc qui révèle et valorise un patrimoine tout en le constituant pour l’avenir.

En vous saluant Monsieur Volkov, laissez -moi croire que par votre présence amicale et éminente dont vous êtes grandement remercié, vous montrez votre intérêt pour l’œuvre commune et que peut être elle connaitra un destin parisien. Soyez persuadé comme tous qui soutenez cette réalisation que le format Allinges Haute-Savoie, lui, n’a pas seulement valeur déclarative, il agit, il fait s’engager pour la compréhension et le rapprochement des peuples, en quête de bonheur et de beauté. Ainsi me serais-je référé à ce que votre poète Pasternak affirmait de l’art, catégorie qui nous intéresse ici, qu’il était « forme suprême du bonheur d’exister ».

Je voudrais enfin voir ce beau jour de septembre et m’en souvenir comme d’un épitomé, abrégé historique de nos relations franco-russes où je trouverai, chez Peguy, excusez  le détour, la plus émouvante des illustrations, quand dans ses Cahiers de la Quinzaine, des suppliants venus au tsar il fit de leur supplique le plus grand livre égal à l’Œdipe Roi de Sophocle.

Longue et belle vie pour l’amitié franco-russe et que d’Allinges souvent l’on puisse reparler.

Marc Druesne.

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